Comment je réduis mes déchets sans prise de tête ?

Suite à mon article d‘intro sur le Zéro Déchet, et celui sur la réduction des déchets par l’achat de produits en vrac, je vous partage les différentes actions que je mets en place au quotidien pour réduire mes déchets.

Recycler

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La première étape je dirais que c’est le recyclage. Renseignez-vous sur le tri sélectif pratiqué par votre ville. Souvent, nous trions très mal. Une de mes copines était déçue car sa poubelle bleue avait été scotchée – punition de la municipalité. Elle me disait y mettre le verre, le plastique, le papier, etc. Alors, revoyons les fondamentaux : le verre a sa propre benne, le tout-venant va dans la poubelle normale dans des sacs en plastique, le carton au recyclable, sans sac.

Cependant, selon les villes, le tri est plus abouti car la technologie est plus développée.
Ainsi, dans ces villes le plastique dit « mou » (emballage) est compté dans ce qui peut être recyclé. Dans ma ville, on ne recycle le plastique que s’il est en bouteille ou bidon, donc ni les pots de yaourts ni les emballages des spaghettis.

De plus, le tri est difficile voire impossible si le papier/carton est déchiré en petits morceaux. Il fonctionne mieux sur les bouteilles de plastique écrasées dans la longueur et sur le papier qui n’est pas écrasé en boule (mais à plat). Les capsules de bière/soda ne se recyclent pas (ne me prenez pas pour une mangeuse de pizza et alcoolique !).

Plusieurs options sont possibles pour recycler du non-recyclable, surtout en milieu urbain, dans des magasins bio (Biocoop) ou en magasin de vrac (Ceci & Cela à Toulouse ou Day by day). Par exemple, vous pouvez recycler les capsules de bouteilles, les stylos ou le matériel scolaire, les bouchons de liège, etc. Il y a aussi la récupération de piles ou d’ampoules, largement répandue et qui se fait même dans les supermarchés.

Recycler c’est aussi en dehors des poubelles. Les encombrants ne doivent pas être déposés dans la rue. Il faut appeler sa mairie. On peut aussi revendre des objets s’ils y a des pièces à récupérer ou s’il mérite une deuxième vie. Il existe de nombreuses possibilités : magasins spécialisés qui reprennent, sites internet comme le bon coin ou ebay, ou revendre dans son cercle d’amis ou de voisins. On peut aussi donner à des associations, des potes, ou des inconnus.

Quasiment tout ce qui sort de la maison peut être recyclé ou réutilisé par quelqu’un d’autre.

Attention à ne pas croire que le monde est une caverne d’Ali Baba prête à nous donner sans compter et à recevoir ensuite nos déchets… Le recyclage c’est bien, mais anticiper à l’achat c’est mieux. En effet, la chaîne du recyclage n’est pas sans faille et n’est pas parfaite, loin de là. Une grande partie du plastique qu’on jette ne finit pas recyclé…

PS : Les médicaments ne vont pas à la poubelle mais chez le pharmacien ! Les emballages en carton vont dans votre poubelle de recyclable et les plaquettes, entamées ou non, sont à rendre à la pharmacie.

Composter

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C’est l’action la plus fabuleuse je trouve : transformer les déchets organiques (épluchures, restes, plantes) en or noir, engrais puissant pour les plantes du jardin.
Soit vous avez votre propre jardin et vous pouvez vous installer votre propre bac à compost ou celui fourni gratuitement par votre ville ; soit vous êtes en appartement, avec balcon (ou sans), et vous pouvez opter pour un seau (ou pourquoi pas un bokashi ?).

Mon seau est assez grand pour ne pas avoir à le vider chaque semaine. Il est fermé pour éviter les mauvaises odeurs. Il est gratuit car je l’ai récupéré en le demandant à un boucher de Biocoop.

Je pratique parfois la chose « correctement » en mélangeant le brun et le vert (épluchures et petits bouts de poches en papier) pour équilibrer. Ou alors, je n’y mets que les déchets organiques. Je les déverse dans un compost public (de la ville ou d’une association de quartier), dans le compost d’un ami, dans le jardin de ma famille. Et c’est dans le composteur principal que ce fera l’équilibre entre carbone et azote.

Mon compost est sur le balcon en général. Mais j’ai également pratiqué avec un plus petit seau en appartement : oui ça ne sent pas la rose, mais honnêtement ça se gère ! J’évitais de l’ouvrir tout le temps en remplissant d’abord un bol d’épluchures, ou je le laissais tout le temps ouvert pour aérer, au choix !

Utiliser les fruits et légumes jusqu’au bout

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En effet, on peut en jeter le moins possible en utilisant tout le légume/fruit. Je ne suis pas la plus forte dans ce domaine mais il existe des sites ou des livres sur l’utilisation des épluchures par exemple. On fait des chips avec les épluchures de pomme de terre bio, on donne des parties abîmées à manger à des animaux, on fait des soupes de fanes de radis ou de carottes, on fait de la purée avec le pied de brocoli. Acheter bio devient pratique car on épluche moins : gain de temps et de déchets. Il faut quand même laver hein !

Acheter plus responsable

Comme je le disais, le ZD c’est aussi anticiper. L’objet qu’on n’achète pas c’est l’objet qu’on ne jettera pas. Donc, il vaut mieux réfléchir avant de sortir nos sousous !
Heureusement, il existe de nombreux groupes facebook, blogs, articles, livres en tout genre sur le sujet. C’est devenu plus facile de trouver son bonheur. Il y a quelques années, j’ai vraiment galéré ! Heureusement, je n’ai jamais cherché la perfection (ou si peu)… Voici quelques pistes pour acheter plus responsable :

La durabilité

Acheter chaque année un tee-shirt H&M parce qu’il est doux et pas cher mais de mauvaise confection, n’est-ce pas un peu dommage ? A cela s’ajoute l’idée qu’un achat durable c’est un achat réfléchi, qui pourrait être réparé, dont on ne se lassera pas…

La qualité

Certaines matières vieillissent mieux que d’autres. Mais aussi certaines qualité de tissus par exemple. Le verre est plus fragile mais résiste mieux aux changements de températures que le plastique pour de la vaisselle.

Acheter local

Local ne veut pas dire « France », local signifie « autour de vous ». Mieux vaut prendre un produit qui vient d’Espagne si vous êtes à sa frontière qu’à l’autre bout de la France. Sauf si vous êtes pro agriculture française et c’est tout à votre honneur évidemment. Local veut souvent dire moins de déchets, car moins de trajet et pas d’emballage.

Acheter de seconde main

J’ai un petit article en préparation sur le sujet également. Les raisons :
– redonne vie à un objet donc vous avez besoin ;
– évite la création d’un nouvel objet pour vous ;
– n’encourage pas à la surconsommation ;
– et donc à la surproduction ;
– vous évite de jeter quoique ce soit car ce n’est plus emballé.

Acheter « BIO »

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En cosméto, les différents labels autour de la bio sont intéressants si on les connaît. Ce n’est pas parce qu’un produit est labellisé qu’il est totalement clean d’un point de vue écoresponsable (non testé sur les animaux, local, générant peu de déchet). Cependant les fabricants, surtout les petits, ont souvent une démarche globale.

Par exemple, ma savonnière n’emballe pas les savons (certifiés Nature & Progrès), les étiquettes ne sont pas plastifiées, elle n’utilise que des produits naturels pour qu’on puisse soit composter soit recycler et elle minimise le plus possible ce qu’il y a autour du savon. C’est valable pour d’autres produits (hydrolats dans des bouteilles en verre, cosmétiques solides donc sans emballage).

Le label va certifier aussi que le produit une fois utilisé ne va pas polluer la nature puisqu’il était bon pour votre corps.
J’en parlais plus haut, les fruits et légumes ne sont pas soumis à un épluchage qui est normalement le minimum syndical quand on achète en conventionnel. Au fait, dans ce cas-là, acheter aussi de saison, c’est mieux pour vous et encore une fois pour la planète.

Enfin, même sans label, le bio existe. Demandez à votre maraîcher s’il utilise des pesticides, vous pourriez être surpris.

Acheter en vrac

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J’ai écrit un article sur ce point, sur lequel je vous renvoie.

Réfléchir en terme de minimalisme

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Le minimalisme est un vaste sujet qui me passionne. Natasha du blog Echos Verts en a fait son éco-défi du moment. Pour moi, être minimalisme c’est utiliser ce qu’on possède ou le garder pour une raison qui est valable à nos yeux. Je vous ferai sûrement un article un de ces jours.

Ce qui est sûr c’est que mon minimalisme est relatif car j’ai beaucoup de loisirs créatifs et donc j’ai besoin de matériel, je lis donc j’ai pas mal de livres (même si la bibliothèque et mon kindle sont mes amis), je suis amoureuse des plantes alors j’en ai plein (mais je privilégie les achats d’occasion ou les brocantes dites vide-jardins).

Mais c’est « vitale » pour mon bien-être donc j’achète en conscience pour réduire mon impact sur la planète autant que faire se peut.

C’est sûr que si vous réfléchissez vraiment à vos propres besoins, il y a de fortes chances que vous réduisiez vos déchets. De manière général, si vos besoins sont définis, vous réfléchissez avant d’acheter et donc vous générez moins de déchet. Est-ce qu’on a besoin de ce produit de beauté suremballé et qui une fois vide ne pourra pas avoir de deuxième vie ? Est-ce qu’on a vraiment besoin de ce nouvel objet alors qu’une fois lassé on sera obligé de s’en débarrasser ?

Faire soi-même

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Le fait-maison, le DIY (Do It Yourself)… Zéro déchet, ou pas.
C’est « Waste Less » quand vous cuisinez des produits bruts et donc non emballés, quand vous confectionnez vos vêtements et vos propres produits ménagers/cosmétiques.

C’est chouette, ça booste l’estime de soi. Qu’est-ce que c’est appréciable de manger un plat qu’on a fait soi-même ou d’utiliser un objet qu’on a confectionné.

Cependant, ça peut conduire à des dérives. Par exemple, si je fais un baume réparateur à l’huile d’olive et à la cire d’abeille, c’est intelligent du point de vue ZD. L’huile est en bouteille, elle s’utilise aussi en cuisine. La cire d’abeille est vendue en sachet en papier donc recyclable voire compostable. Si je pars sur une recette plus élaborée, je vais forcément avoir recours à des produits bruts emballés. C’est le cas des émulsifiants, et de certains produits que je me procure chez Aroma-zone ou Bioflore. C’est pour cette raison que je réfléchis à la durabilité du produit fini (est-ce que c’est un coup de cœur ou un produit que j’utiliserai sur le long terme ?), à la réutilisation du produit brut (l’émulsifiant peut servir à faire plusieurs types de préparations mais son utilisation reste figée à la cosméto), et à acheter mes produits soit en grande quantité (seulement si c’est un produit qui ne périme pas rapidement) soit chez un fournisseur plus éco-responsable (hélas, cela augmente parfois énormément le prix).

Anticiper les sorties et les voyages

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Quand on est pas chez soi, c’est compliqué d’éviter les emballages. Au restaurant, il m’arrive fréquemment d’emporter mes restes. Il faut alors anticiper et emporter avec mon un tuptup (petit nom du tupperware). Ce que j’oublie souvent. Dans les fastfood, c’est un florilège d’objets à usage unique. Si je ne prends pas ma propre gourde, je dois m’acheter à boire dans une bouteille en plastique (pour peu qu’on ait la « flemme » de la garder, on la jette en plus au tout venant au lieu de la recycler). Dans le cas de courses ou de plats à emporter, mieux vaut prévoir son sac en tissu.

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Tout est question de volonté et d’organisation. On peut faire le choix d’éviter carrément les fastfoods évidemment, et les restaurants, et les boutiques. Ou y réfléchir en amont. Je pars à la poste, est-ce que je vais avoir besoin de ramener quelque chose ? Non, bon. Je pars voir une copine en ville. Au cas où je vais prendre ma gourde, un sac vide, etc.

Réfléchir en terme d’alternatives

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De nombreux produits dans notre maison ne sont que des comptes à rebours de déchet. Le shampooing en bouteille, les coton-tiges en plastique, la brosse à dent, les épices dans leur pots, l’essuie-tout, l’éponge. Tous ces produits ont une alternative non jetable ou presque. Ce ne sont que des exemples bien-sûr : no poo ou shampooing solide, oriculi, brosse à dent compostable ou entièrement recyclée par un réseau spécialisé, épices en vrac qu’on remet dans le pot d’origine, lingettes lavables, tawashi (éponge confectionné au crochet ou autre) ou éponge lavable.

Être économique et mesuré

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C’est ce que je fais quand j’utilise du jetable. Je réfléchis si je n’ai pas déjà une alternative, puis si ce n’est pas le cas, je vais faire attention à ne pas gaspiller.
Par exemple, si je suis obligée d’acheter un pot de miel, je vais récupérer le bocal. Si je sors du papier cuisson (les cookies sont 3 fois plus longs à faire dans mon plat à tarte trop petit), je le réutilise au maximum. Si je décide de prendre de l’essuie-tout et non pas mes lingettes lavables, je vais tenter d’en prendre le moins possible. Je n’ai pas d’alternative pour le ruban adhésif, alors j’évite de le vider bêtement ou je prends de la colle.

Enfin, ne pas culpabiliser

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Le zéro déchet n’existe pas. Pour les plus hardis dont la démarche est un mode de vie, il reste malgré tout un gros bocal de déchet par an. Ce qu’il faut comprendre c’est plutôt « le moins de déchet possible ». Donc il faut faire de son mieux, avec ses possibilités (quand il n’existe pas de magasin de vrac aux alentours, vous n’allez pas le faire pousser), avec sa vie personnelle (rien ne sert de se mettre la rate au court bouillon à cause d’une bouteille en plastique), avec sa vie professionnelle (si votre boulot vous emmène dans des hôtels où le jetable est omniprésent, ne râlez pas, faite avec votre trousse de secours de ZD et au mieux).

Et vous, vous avez des astuces à partager ? Des conseils ? Des lectures ?

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